Vitesse Arnhem, ou les velléités néerlandaises de Roman Abramovitch

Publié le par Mad Marcus

AbramovichRoman Abramovitch, le propriétaire de Chelsea, ne semble pas (encore) se lasser de l’univers du ballon rond. Alors que l’oligarque russe a décidé de légèrement serrer la vis avec son équipe londonienne (voir par ailleurs), il continuerait, selon certaines sources, d’investir des sommes très importantes dans le football en Europe.

 

Ainsi, aux Pays-Bas, où la situation financière des clubs s'est grandement détériorée au fil des ans (12 clubs des divisions 1 et 2 néerlandaises ont été placés sous tutelle ces derniers mois), la crise frappe le football batave de plein fouet, la place de finaliste de la Coupe du Monde sud-africaine n'étant finalement que l'arbre qui cache la forêt des problèmes à venir pour les footballeurs du plat-pays.

 

C'est dans ce contexte que le Vitesse Arnhem FC, l'un des plus ancien club des Pays-Bas, fondé en 1892 mais qui a du attendre 1970 pour faire sa première apparition en Première division, se trouve en butte à de nombreuses difficultés depuis, paradoxalement, qu'il s'est mis à " jouer dans la cour des grands ".En effet, en 1984, alors qu'il était redescendu en 2ème division, le club, menacé de faillite, ne dût son salut qu'à la création d'un directoire regroupant à la fois ses composantes professionnelle et amateur, et ce jusqu'en 1989, année où le Vitesse Arnhem remonta en Eredivisie (1ère division) et arriva dans la foulée en finale de la Coupe des Pays-Bas (battu par le PSV Eindhoven, 0-1). Ce fut l'âge d'or du club d'Arnhem, puisqu'il participa alors neuf fois consécutivement à la Coupe de l'UEFA (avec des éliminations en huitièmes de finale par le Sporting Lisbonne en 1990, le Real Madrid en 1992 ou encore Liverpool en 2002).

 

Le retour sur terre est brutal en 2003, lorsqu'il apparaît que le président du Directoire, Karel Aalbers, démissionnaire en 2000, celui-là même qui avait sauvé le club en 1984, était impliqué dans une fraude fiscale au moment de l'exercice de ses fonctions. Le Vitesse Arnhem eu alors les plus grandes difficultés pour se maintenir à flot et devint un club moyen d'Eredivisie, son meilleur résultat étant une 7ème place en 2006, conjuguée à des ennuis financiers toujours plus importants.

 

Problèmes financiers d'autant plus importants que, pour éviter la faillite, la municipalité d'Arnhem a racheté au club son nouveau stade, le Gelredome, construit en 1998 en vue de l'Euro 2000, ce qui n'a pas empêché le " Football Club Hollywood du Rhin " comme on l'appelle en Hollande de présenter à la fin de la saison dernière une dette de 27 M€.

 

Tout semble aujourd'hui s'arranger puisque Vitesse Arnhem vient tout simplement d'être le premier club néerlandais à passer sous la coupe d'investisseurs étrangers, et non des moindres: un homme d'affaire géorgien, Merab Jordania, ancien joueur du Dinamo Tbilissi, ancien président du même club, puis président de la Fédération Géorgienne de Football...

 

Merab Jordania a ainsi affiché, au moment de la reprise, sa volonté de remporter le Championnat des Pays-Bas dans les 3 ans. Bien que le fait d'être millionnaire puisse faciliter les choses, de nombreuses voix se sont élevées en Europe pour dénoncer le fait que le géorgien ne serait en fait qu'un homme de paille, à la solde de Roman Abramovitch, celui-ci n'apparaissant pas officiellement en raison des réglementations de l'UEFA interdisant à une seule et même personne d'avoir une position dominantes dans deux clubs différents affiliés à l'organisme européen.

 

Bien évidemment, Roman Abramovitch s'est fait fort de réfuter toute prise de contrôle du club néerlandais, se contentant de souligner les seuls liens d'amitié existant entre le millionnaire géorgien et le milliardaire russe, et admettant simplement être intervenu pour faciliter les négociations commerciales préalables à la reprise du club.

 

Quoi qu'il en soit, personne n'est dupe en ce début de saison aux Pays-Bas, et pour tout le milieu du football néerlandais, le propriétaire de Chelsea a mis un pied dans le football batave, au moment où celui-ci en a, financièrement, le plus besoin.

 

Faut-il s'en réjouir ou s'en inquiéter ? Seul l'avenir dira si ces afflux massifs de capitaux, sensés être investis pour sauver des entreprises par nature non rentables, sont une bonne chose ou, plutôt, le début d'une nouvelle ère dont bien malin serait celui qui aurait une idée précise des conséquences de ces grandes manœuvres...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié dans Foot-business

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