OM : Toujours gagner plus pour équilibrer les comptes !

Publié le par Mad Marcus

MLD_fils.jpgD’après le magazine Challenges du 5 juillet 2010, les comptes de l’Olympique de Marseille seraient tout juste à l’équilibre à l’issue de la saison 2009/2010, et ceci malgré un chiffre d’affaires record et une année marquée par la reconquête du titre de Champion de France et la Coupe de la Ligue qui est venue pour la première fois enrichir le palmarès marseillais.

 

Une année 2009/2010 faste

 

Pourtant cette saison 2009/2010 a été la plus faste, financièrement qu’ait connue l’Olympique de Marseille. Outre un chiffre d’affaires record de 140 M€, l’exercice clos le 30 juin dernier a fait apparaître des recettes télévisuelles encore jamais atteintes (Ligue 1 + Ligue des Champions) de 70 M€ (+8% par rapport à la saison dernière), des contrats de sponsoring et de publicité plus qu’honnêtes (28 M€, +12%) et des revenus tirés du merchandising record (17 M€, soit +30%).

 

Seul le poste de la billetterie a stagné par rapport à la précédente saison (25 M€), mais il était difficile de faire mieux avec près de 44.000 abonnés et une moyenne de spectateurs de 48.000 supporters.

 

Mais des dépenses en nette hausse

 

Là où le bas blesse, en effet, c’est que les dépenses ont encore plus progressées, et le recrutement voulu par Didier Deschamps l’été dernier pour redonner au club le lustre qu’il avait perdu n’y est pas étranger.

 

La masse salariale s’est ainsi élevée à 65 M€, en grande partie due aux émoluments "royaux" de stars comme Lucho Gonzalez, Gaby Heinze, voire, dans un degré moindre, mais tout aussi significatif au vu de ses prestations, de Fernando Morientes.

 

Lors de son numéro spécial « Salaires de la Ligue 1 » du 23 mars 2010, le bihebdomadaire France Football relevait que le "Top 20" des joueurs de Ligue 1 les mieux payés comprenait pas moins de 5 marseillais : Gaby Heinze étant en tête de la Ligue 1 avec 4,5 M€ bruts, talonné par Lucho Gonzalez (4,3 M€), Mamadou Niang (3,8 M€), Hatem Ben Arfa (3 M€) et Steve Mandanda (2,6 M€). Quant aux autres marseillais, s’ils n’apparaissent pas dans le "Top 20", ils n’en sont pas très éloignés : Fernando Morientes  et le brésilien Brandao à émargent en effet tout deux à 2,4 M€, alors que Stéphane Mbia, Bakary Koné et Benoît Cheyrou en sont, pour leur part, à 2,1 M€ annuels…

 

Evidement, du fait des règles budgétaires, ces comptes sont biaisés puisqu’ils ne prennent pas en compte le départ de Baky Koné pour le Qatar début juillet –(environ 5 M€), ni la résiliation des contrats de Fernando Morientes (1,5 M€) ou de Cyril Rool.

 

Le coût des mutations, un poste qui "plombe" l’ensemble des clubs français

 

Le véritable point noir de ces comptes budgétaires, et c’est une remarque valable pour la quasi-totalité des clubs français, est que, là où une entreprise serait jugée sur sonrésultat d’ensemble, chiffre d’ »affaires et charges comprises, le football est une entreprise économique à part compte tenu du poste mutation, en général déficitaire.

 

Mis à part quelques "gros coups" (Benzéma de Lyon à Madrid, pour 35 M€ en juillet 2009), le football français importe plus qu’il n’exporte, d’où un solde d’exploitation déficitaire en début de saison, sans prise en compte des ventes à venir (durant l’été 2009, l’OM est tout de même parvenu à équilibrer ses comptes grâce aux ventes de Djibril Cissé, Lorik Cana et Karim Ziani), ni du surplus de trésorerie laissé au club la saison d’avant par Robert Louis-Dreyfus (de l’ordre de 14 M€).

 

Quid de la saison 2010/2011 ?

 

Pour cette saison qui débute, les choses sont claires : les dirigeants olympiens devront faire avec ce qu’ils ont, voire même diminuer la masse salariale de 10% pour faire face à la perte des économies réalisées par le DIC (droit à l’image collectif, disparu le 30 juin, et qui s’élevait, pour l’OM , à près de 4 M€ d’économies en termes de charges sociales).

 

En d’autres termes, il faudra vendre avant d’acheter (ce qui s’est déjà traduit par l’arrivée de César Azpilicueta, en contre partie des départs actés de Baky Koné, de Fernando Morientes et de Cyril Rool). Et ce n’est qu’à ce prix-là que l’actionnaire principale, Margarita Louis-Dreyfus, consentira à un petit "coup de pouce" financier pour donner à Didier Deschamps les moyens de ses ambitions, à savoir la possibilité de recruter une très grande pointure internationale, et, à terme, ne plus regarder les bénéfices de certains grands clubs comme un enfant qui se tiendrait devant la devanture d’un chocolatier de luxe, en plein hiver, les mains dans les poches, et les yeux pleins d’envie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié dans Olympique de Marseille

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