De l’exemplarité du statut d’international…

Publié le par Mad Marcus

FFF.jpgLaurent Blanc, le nouvel entraîneur de l’Equipe de France, s’apprête à vivre des semaines difficiles, car, outre le match amical du mois d’août contre la Norvège, les rendez-vous de l’Automne seront d’ores et déjà décisifs pour la (re)construction d’une sélection nationale qui aura été la risée de la Planète Foot pendant la Coupe du Monde sud-africaine.

 

Un voyage en Afrique du Sud à ne surtout pas oublier

 

Comme dans tous les domaines, une histoire, ne serait-elle que sportive, ne se construit pas en faisant table rase du passé. Le temps viendra, certes, pour le pardon envers certains, mais d’autres, qui ont souillé profondément l’image de la France, tout grands joueurs qu’ils soient, ne pourront être pardonné. Il en va de la crédibilité et de la respectabilité de la France sur la scène sportive internationale.

 

Le petit jeu à la mode actuellement est de savoir qui étaient les véritables meneurs (puisque l’alibi de la solidarité, claironné par des gens sensés tels que Toulalan par exemple), fait plus grincer des dents que sourire. Peu importe, à ce jeu là, la FFF n’a rien à gagner. Certains joueurs avaient des responsabilités évidentes et ils ont failli. Point. On pense, évidemment, à Nicolas Anelka, qui a été le détonateur de cette affaire sans que cela n’étonne finalement personne, tant le joueur de Chelsea (tellement talentueux balle au pied, lorsqu’il veut sans donner la peine) nous a habitué, depuis le début de sa carrière, à des comportements que l’on qualifiera gentiment de caractériel. Mais on pense aussi au capitaine de circonstances, Patrice Evra, qui s’est fait le porte parole de cette mascarade. On pense également à William Gallas, qui, non content d’avoir effectué sa saison de trop en Equipe de France, s’est constamment fait remarqué par un comportement de diva déplacé. Et on pense enfin à Franck Ribéry, dont le sympathique côté "populo" n’a amusé personne lorsqu’il s’est transformé en "chef de meute" s’exprimant dans un français approximatif rempli de haine et de revendications inaudibles !

 

En clair, il y a des joueurs qui ne devraient plus avoir l’honneur d’endosser le maillot tricolore, en raison de fautes graves à répétition. Pour certains joueurs, la question ne se posera plus, en raison de leur retraite internationale les excluant de facto d’un examen approfondi (quid du rôle de Thierry Henry ou de Sydney Govou, dont l’expérience et la stature auraient dû être des contre-pouvoirs naturels ?). Pour Nicolas Anelka, la faute grave conjuguée avec son âge, l’aventure n’a de toute façon plus lieu d’être. Et ce ne devrait pas être l’homme qui s’en plaindrait puisque, lorsqu’on estime ne rien devoir à la France (en termes fiscaux par exemple), on ne voit pas trop où peut se nicher l’honneur de porter le maillot national…

 

Le Cas de Patrice Evra est particulier, mais en acceptant de rester à la tête des insurgés, même si le brassard de capitaine était manifestement trop grand pour lui, il est devenu le symbole de cette mutinerie d’écoliers, et doit donc en payer le prix, comme l’estime à juste titre Lilian Thuram. Exit l’Equipe de France !

 

Une affaire judiciaire lourde de sens

 

Quant au "mini-Kaiser" Ribéry, s’il peut difficilement être envisageable de se passer de ses services, son cas est doublement épineux puisqu’il se confond avec l’affaire de mœurs connue sous le nom de « Zahia D ».

 

Franck Ribéry et Karim Benzema ont en effet été mis en examen pour « sollicitation de prostituée mineure ». Alors bien sûr, comme on nous le rabâche à longueur de journaux télévisés, être mis en examen n’affecte en rien la présomption d’innocence. Or, il faudrait quand même appeler un chat un chat ! Le code de procédure pénale dispose de divers statuts à mettre sur le dos des protagonistes d’une enquête pénale, à commencer par ceux de témoin assisté ou de simple témoin. C’est d’ailleurs sous ce dernier statut qu’ont été entendus, la semaine dernière, Ben Arfa et Samassa…

 

Non, appeler un chat un chat c’est convenir qu’aux termes du code de procédure pénale, il existe des « indices graves et concordant rendant vraisemblable le fait que l’intéressé ait pu participer, comme auteur ou complice, à la commission de l’infraction » ! Cette formulation n’est pas anodine, et ce n’est pas un hasard si depuis de nombreuses années, tout membre du Gouvernement mis en examen est contraint à démissionner en attendant que l’enquête soit terminée…

 

Dans ces conditions, sans juger pour autant les "hommes", leurs éventuels penchants pour le "sexe tarifé" comme on dit pudiquement, la présence de Ribéry et Benzéma sous le maillot tricolore dans les prochains mois serait, à mon sens, choquante.

 

Quelle que soit la valeur des joueurs en cause, ceux-ci ont un devoir d’exemplarité vis-à-vis de la jeunesse et des 2 millions de licenciés que compte la Fédération Française de Football. Tout joueur dont la probité est mise en cause devant un tribunal ne peut décemment pas porter sur ses épaules un maillot national déjà salement entaché par le comportement irresponsable de "pauvres types" (excusez le mot) qui ont oublié qu’avant d’avoir des droits (et quels droits !), un international a des devoirs vis-à-vis de son pays…

 

Entre les frasques de certains et les fautes lourdes d’autres, Laurent Blanc doit effectivement se demander aujourd’hui dans quel bateau à la dérive il s’est embarqué !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié dans Equipe de France

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